songes du rêveur bleu - Antoine Belot

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lundi 28 février 2011

Emprisonnement

enfermée pour l'éternité dans un couloir.

samedi 19 février 2011

"l'étoile de mer"

La vidéo commence par un plan sur deux personnes, une femme et un homme déformés par un filtre en verre. Il marchent l'un à côté de l'autre, ils semblent heureux. "Les dents des femmes sont des objets si charmants qu'on ne devrait les voir qu'en rêve ou à l'instant de l'amour." Le film traite donc de la femme, et quelle femme! L'homme la rejoint dans une chambre elle se déshabille devant lui. Il est assis sur le lit, elle s'allonge, il la regarde puis s'en va. La femme est ici un objet convoité, de désir, il n'est en aucun cas sujet d'une liaison physique, mais plutôt d'une contemplation. Plus tard l'homme se voit offrir par la femme un bocal avec une étoile de mer à l'intérieur. Elle le regarde posée sur son épaule observer l'objet avec intérêt. L'homme continue de le regarder avec passion chez lui. Il est fasciné, comme quand il observait cette femme. Puis on le voit courir derrière ces journaux qui étaient dans les mains de la femme au moment du cadeau. Des paysages de train, de bateau, de départ défilent. Soudain surgit un plan avec plusieurs images en quadrillage, on y voit l'étoile de mer, quelqu'un rentrer et sortir une épée d'un fourreau. C'est comme une sorte de métaphore de la vision de la femme, l'épée comme le désir de pénétration, l'étoile de mer comme un souvenir de cette femme. Le filtre en verre montre une vision hallucinée, presque rêvée. C'est la femme idéalisée, la femme que chacun a encrée dans son inconscient. L'intérêt n'est pas dans l'acquisition, mais plus dans le désir. A la fin l'homme recroise la femme, mais elle est avec un autre. On peut se demander si tout ce film n'était pas en fait l'imaginaire de cet personne à la rencontre de cette dame. Comme si c'était un film qu'il s'était lui même fait, imaginant des moments, des fragments de vie avec elle. Car au fond tout le monde fonctionne ainsi, la pensée évolue de cette manière à la rencontre de n'importe qui. On analyse toujours les possibilités surtout face à une femme.

vendredi 18 février 2011

"Les œuvres d'art ne sont pas l'illustration d'idée."

Mel Bochner pose ici un problème assez important quant à une éventuelle mission de l'art. En effet l'art joue un rôle, mais ce rôle est différent selon les personnes. L'art n'a pas pour but de rassembler les foules autours d'une même idée. Cependant il est important de se demander pourquoi un artiste produit une œuvre, et comment celle-ci fonctionne.

Si l'œuvre d'art était simplement l'illustration d'une idée alors l'art n'aurait certainement pas l'importance qu'il a aujourd'hui. Certes idée et art sont liés mais je pense qu'une œuvre d'art représente plutôt un élément déclencheur. Je m'explique. Quand un artiste produit une œuvre, il la pense évidemment, elle est donc soumise à la base à cette idée, mais quand le public y est confronté et surtout dans l'art contemporain, chacun l'interprète à sa manière, il n'y a pas une seule façon de lire une œuvre mais autant qu'il y a de personne pour s'y confronter. Un essai philosophique ne fonctionne pas de la même manière. Le langage est clair, précis, un texte n'a pas plusieurs sens possibles, il va droit au but et c'est en ça qu'il illustre une idée. L'œuvre d'art, elle, touche à une dimension certainement différente. La sensibilité face à une œuvre n'est pas totalement exprimable, quelque chose échappe toujours et est en lien avec une dimension plus abstraite, quelque chose d'inconscient. Quand Vincent Lamouroux installe ses parquets en vagues à Beaubourg, il pense l'installation de A à Z , cependant l'œuvre en elle même provoque différentes réactions. Il suffit de regarder les enfant courir sur ces vagues qu'ils prennent comme un terrain de jeu et voir des personnes plus grandes rêver face à ces ondulations apaisantes pour comprendre que chacun s'approprie l'œuvre comme il le veut, ou plutôt comme il le ressent.

En revanche si l'art est très diversifié aujourd'hui, ça n'a pas toujours été le cas. Il y a toujours eu des tendances, et des mouvements qui influencent encore aujourd'hui. Marcel Duchamp et ses ready made illustrent une idée, l'idée que la valeur d'une œuvre ne doit pas être le reflet du temps et de la sueur nécessaire à sa production. La peinture cubiste illustre une nouvelle vision d'un monde montré sous plusieurs angles à la fois. La peinture abstraite exprime le désir de retourner à l'inconscient, de provoquer des sentiments par la couleur plus que par la fidélité de représentation. Le surréalisme cherche à montrer le véritable fonctionnement de l'esprit humain, à travers les rêves par exemple. C'est en ce sens que l'on peut dire qu'une œuvre illustre une idée, mais il est important de noter que l'idée est propre à l'artiste et que le spectateur ne sera surement pas sensible à l'œuvre de la même manière. L'art est un langage dont les sens peuvent être multiple. L'art inspire plus qu'il n'instruit. C'est une source de développement personnel car notre regard mis en confrontation avec l'œuvre nous en apprend un peu plus sur nous même.

L'œuvre d'art n'est donc pas une simple illustration d'idée. Elle va au delà, car son langage est différent, il touche aux goûts et à l'inconscient de chacun. Personne n'interprète une œuvre de la même façon, et c'est ce qui fait que l'art a une place aussi importante que la philosophie, ou les sciences aujourd'hui.

Traduction dernier paragraphe:

«  Art work isn't a simple illustration of an idea. It go beyond, because the language is different, it depend to the unconscious of anybody. Nobody understand a work as the same, and that's why art take a place as important as philosohy or sciences today. »

dimanche 13 février 2011

Passage éclair

Chaque jour, le temps avance, et avec lui la mort se rapproche un peu plus. Jeunes et insouciants que nous sommes, nous croquons la vie à pleine dent. Je vois dans cette jeunesse l'éphémère d'une extase. Nous sommes en perpétuel mouvement, rien ne nous arrête. Nous buvons, fumons sans aucune idée des conséquences. Nous brulons vivement, pour devenir un jour les fantômes de notre passé. La passage éclair de notre corps dans le temps est le seul témoignage de cette fatalité.

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Si je devais retenir une photo ce serait celle là. L'ami d'enfance qui a tant changé et qui changera encore, encore et encore. C'est un regard, à un moment précis gravé à jamais dans une photo. Le symbole de notre jeunesse est là, cet appartement complètement anéanti par note univers. Ce désir incessant de se réfugier dans la musique et dans des nuits blanches interminables, à un moment où l'avenir nous fait peur, à un point crucial de tout ce qui nous caractérisera plus tard. C'est la fin du confort que nous ont offert nos parents, nous le savons lui et moi mais avons du mal à l'accepter. Cet appartement disparaitra lorsque nous prendrons notre envol, et cette échéance ne cesse de se rapprocher.

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samedi 12 février 2011

Contemplation

Deux hommes, l'un détruit par l'esprit carré qui lui a été imposé, l'autre perdu perpétuellement dans un monde qui lui semble absurde, cherchent à faire tomber leur masque. Le retour aux sources, loin de l'accélération de la ville les délivrent. (travail: collectif michel et claude (antoine belot et etienne kwarts wirz))

mardi 8 février 2011

acrylique sur toile 65x50 cm

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Marchons vers l'ennui de nos heures Ô mes frères

Pendant que nos désirées partent en poussières

Pendant que les temps passés rongent nos chairs

Ô miséreux que nous sommes sur cette terre

De nouveaux temps sont arrivés

La fougue de jeunes pleins de fraicheur

Qui font l'amour sans la valeur

A tué le plus aimé

Les changements partent en fumée

emportant songes, espoirs, chaleur

comme une fleur comme un voleur

laissant son cœur en lui glacé

L'espoir d'un homme face à la grâce

D'une joueuse en pleine chasse

alimentent en lui encore

Des jours heureux des jours chanceux

Quand l'amoureux est malheureux

d'aimer rester près de son corps

mardi 18 janvier 2011

Egarements perceptifs

Je manque de vérité. Chaque jour quand je regarde le monde autours de moi, je prends conscience que je le vois avec des yeux, une perception d'homme. Ce fait m'éloigne au plus haut point de l'ultime réalité. En effet, nous sommes tous limités, car nous avons des sentiments, des sens, et ce sont eux qui délimitent notre "liberté". En tant qu'humains nous savons apprendre et créer, mais tout cela ne nous éloigne-t-il pas de la vérité?

Connaître la vérité du monde c'est savoir ce qu'il est, mais simplement se limiter à cela. En somme qu'est-ce que le monde ? C'est un système qui au hasard de collisions de particules élémentaires a évolué, faisant apparaître matière, étoiles, planètes et vies. Mais ce monde a-t-il une conscience ? Une perception ? Non le monde ne nous a pas créé à son image. Notre conscience, notre faculté de créer, notre logique est une absurdité apparue par hasard dans un univers dont la seule règle est le hasard.

Le monde est juste un tout. Il ne fait pas de distinction parmi les éléments qui le composent. C'est pour cette raison que la perception humaine est en contradiction avec l'ultime réalité. L'homme a toujours tendance à analyser, dissocier, comparer ce qui l'entoure. Ces photos en sont d'ailleurs la preuve. Posez-vous la question de leur vraisemblance. Sont-elles cohérentes ? En effet quelque chose est intriguant. Ces déserts, ces plages, ces bâtiments ont quelque chose d'extraordinaire. Maintenant émettez l'hypothèse selon laquelle ils ne sont pas ce que vous croyez. Remettez en cause l'horizontalité du plan photographié. Et Oui, l'œil nous joue parfois des tours. Ces paysages que vous voyez n'existent absolument pas, chaque photo est en fait un mur, elles ont toutes été prises à la verticale. Et cette erreur de perception que vous venez de faire est le résultat de votre simple condition d'homme, de votre apprentissage depuis votre plus tendre enfance.

Pour moi être au plus proche de la vérité, c'est regarder, percevoir avec un œil de nouveau né. Il faut oublier les profondeurs, oublier l'espace, oublier les objets, les éléments. Nous devons nous limiter à la vision pure, non connotée car analyser est en contradiction avec le fonctionnement de l'univers.

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jeudi 16 décembre 2010

dualité, continuité.

Mon cerveau fonctionne carré dans un monde absurde. Prise de tête. Expliquer, expliquer, expliquer, toujours chercher à expliquer, élucider les mystères du monde, parce que tout a une cause, une raison d'être. Les sciences inculquées par mon père depuis petit m'ont apporté une tête cubique qui de par ses angles se cogne toujours aux problèmes existentiels que me balance l'environnement à la tronche. Cet environnement je l'étudie, et ça depuis toujours, et j'en arrive à des conclusions qui me paressent tout à fait absurde. Rien n'est certains et jamais rien ne pourra être certifié. "et pourquoi si ?", "et pourquoi ça?", "peut-être qu'alors", "ah mais si ?", "non impossible", "dans ce cas...", "non,non,non...". AAAAAAhhhhhhh! Je deviens fou, tout ceci n'a pas de sens. Il n'y a pas de raison, tout ne fait qu'être. Nous sommes tous seuls, ne cherchons pas... Nous serons toujours seuls à voir à travers ses yeux, personne ne partage notre monde. Traumatisé, détruit, violé, écartelé, décapité, écrasé, étranglé, noyé par la seule réalité d'une solitude infinie dans un monde complètement dénué de logique j'emmerde mon scepticisme à l'origine de ces emmerdements et j'explose dans une farce démentielle, où les limites n'existent pas, où passer un pénis au mixeur en mangeant du pain d'épice sur un avion à voile, ou encore tartiner l'intérieur d'un atome de molécule de chocolat au sang de mouche de rouge à lèvre est possible même dans du bois.

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mercredi 8 décembre 2010

photos de série

Cette série de photos exprime l'oppression. Alignées les unes à côté des autres elles n'en forment plus qu'une composée d'une multitude de bandes symétriques. De loin une harmonie se dégage, les bandes jouent le rôle de motifs, on ne remarque peut-être même pas que ce sont des photos. lorsqu'on se rapproche les bandes attaquent les yeux si on les balaye du regard, un effet d'optique se produit et on ressent une certaine gène. Une fois en face on remarque des chemins, passages, portes, murs clonés de manière anamorphique. On se sent envahi, bloqué, enfermé dans des passages étroits. Il y a trop de possibilités, elles sont toutes similaires pourtant, mais en même temps très différente car dissociées. Quelque chose nous échappe, c'est étrange, comme si on devait faire un choix, mais que l'on ne savait pas où ce choix nous mènerait. C'est l'impossibilité d'agir, bloqué face à un monde qui nous échappe, insaisissable.

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détournement de 2001: l'odyssée de l'espace

Cette vidéo a pour but d'exprimer le dialogue entre un artiste et son inconscient lorsqu'il produit une œuvre. Il rencontre son autre soi à travers sa toile et accède à un autre monde de perception, hors du temps. Le recul pris alors lui permet de faire abstraction du monde sensible, de prendre conscience de l'éphémère de la vie et d'être confronté à la mort. On assiste aux songes, à la psychose profonde d'un homme confronté à sa vérité.

durée: 8 min 37

mercredi 17 novembre 2010

stéréotypes: le geek

Je n'ai côtoyé aucune fille. Ma main droite et son rythme magique est mon partenaire idéal. Je dois passer mes journées à me vider sur des revues pornographiques sinon j'explose. Je ne peux contenir ces pulsions, retenues trop longtemps elles me rendent fou, je beugle, je gémi, je meure d'étouffement suite à des explosions d'euphorie incontrôlables.



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travail Berthommé: signe du masculin

Une belle femme fumant sa clope dans la chemise de son homme d'un regard distant, dominatrice, sûre d'elle n'a-t-elle pas l'attitude que tout homme désirerait avoir ? Elle contrôle tout et elle le sait, elle a l'emprise sur lui. N'est-ce pas là tout ce que le mâle veut être ? Avoir du pouvoir, ne pas être soumis, être à la tête tout simplement. Comme ce dos, ces épaules, et ce cou généreux qui sont la douceur et la force à l'état brut.

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lundi 15 novembre 2010

"Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient" Denis Diderot

Que perçoivent les aveugles nés ? Quelle question préoccupante ! C'est en effet la vue que nous, voyants, privilégions inévitablement jours après jours, imaginant mal comment s'en passer. Pourtant, il est assez intéressant de comprendre comment nous vivrions si jamais nous en fûmes dépourvus. Cette situation qui nous parait si compliquée à vivre, n'est pas à considérer comme telle, elle est juste différente dans son fonctionnement mais n'en est pas moins intense.

Il est important de lever le voile sur certaines idées préconçues des aveugles absolument fausses. Comme l'explique Diderot, un aveugle né ne perçoit absolument aucune image, même mentales, car le cerveau ne peut produire ou reproduire seulement ce qui lui a déjà été donné à percevoir. C'est pourquoi l'idée que l'aveugle né voit noir est complètement fausse, car le noir ne lui a jamais été montré. Il ne voit rien, la vision est totalement absente. Il lui est totalement impossible de concevoir ce que la vision puisse être, comme il nous est impossible de concevoir ce qu'est l'absence de vision.



Maintenant dire qu'un aveugle est handicapé lorsqu'on le confronte à un voyant n'est pas totalement vrai, en effet, étant dépourvu d'yeux il est obligé de porté son attention tant sur le touché, que sur l'ouïe et l'odorat. C'est pourquoi ces derniers sens sont beaucoup plus développés que chez nous autres voyants. Ainsi un aveugle différenciera une personne d'une autre au son de sa voix, au son de ses pas, à l'odeur qu'il dégage. Chaque sens est développable et c'est pour cette raison que suivant la situation dans laquelle nous nous trouvons, nous serons oui ou non en avantage face à l'aveugle. Il est évident que dans l'obscurité la vue ne nous est plus d'aucune utilité, nous serions alors indéniablement en retrait face à l'aveugle qui lui évoluera avec une facilité déconcertante dans son environnement. Et ceci est encore l'exemple le plus banal, rencontrez un aveugle et vous serez surpris plus d'une fois par la façon qu'il a d'aborder le monde.



L'aveugle né ne peut donc en aucun cas imaginer ce qu'est que la vue, du moins il ne peut pas s'en faire de représentation mentale. En revanche il peut en avoir une vague idée en rapportant nos explications aux ressentis qu'il peut avoir par le touché. Diderot nous éclaire un peu plus à ce sujet en rapportant l'histoire de l'aveugle-né du Puisaux qui arrive à exprimer une idée de la vue grâce à ce qu'on lui a expliquer sur les miroirs: "Une machine, me répondit-il, qui met les choses en relief loin d’elles-mêmes, si elles se trouvent placées convenablement par rapport à elle. C’est comme ma main, qu’il ne faut pas que je pose à côté d’un objet pour le sentir." Tout ceci n'est-il pas passionnant ? Cette simple réflexion sur la vue montre à quel point un aveugle réfléchit, peut-être bien plus que nous.

La quête de la vérité, que chaque homme cherche un beau jour, est tout autant importante, voir plus chez les aveugles. En effet apprenant qu'ils sont dépourvus d'un sens à la différence de la plupart des humains, il est évident qu'ils vont vite chercher à comprendre pourquoi et comment les autres perçoivent le monde. Ils seront beaucoup plus vite confrontés aux questions métaphysiques que nous autres, et y attacherons une recherche beaucoup plus intense. En effet que feriez-vous si vous appreniez que tous les autres autours de vous étaient pourvus de quelque chose de très utile dans la perception alors que vous vous n'en disposez et n'en disposerez jamais ? Vous vous poseriez bon nombre de questions, c'est évident. C'est pourquoi, le raisonnement bouillonnant d'un aveugle-né a une importance capitale. En effet, contrairement à la plupart des voyants, il est conscient beaucoup plus tôt que le monde peut être confronté à une infinité de points de vue différents, et il ne s'assoira pas sur ce que ses sens lui permettent de faire, il ne prendra pas sa perception comme vérité absolue, à la différence de beaucoup de voyant trop conforté dans leur situation.



Comment entendent les aveugles? Comment sentent les aveugles? Nous pourrions pousser plus loin, et nous mettre même dans leur situation en envisageant un être qui serait doué d'un sens supplémentaire. L'évolution en a créé des milliers, comme le sonar, la détection de chaleur et bien d'autres, nous le savons aujourd'hui. Alors toutes ces réalités ne remettent-elles pas en cause toutes nos idées quant au monde ? Comment pourrions-nous affirmer que ce que nous voyons est vrai. Il est vrai que nous concevons le beau, et qu'il y a de la magie dans notre perception. Il est tout à fait compréhensible que quand on se limite à ce genre de pensées, des idées de Dieu ou de divin peuvent être. Mais quand on cherche la vérité, en pensant ainsi nous nous égarons. L'histoire de l'aveugle M. Saunderson illustre bien tout cela, et sa vision du monde à la fin de sa vie n'est pas dénuée d'intérêt:



"Mais à quoi bon vous tirer de votre élément ? Qu’est-ce que ce monde, monsieur Holmes ? un composé sujet à des révolutions, qui toutes indiquent une tendance continuelle à la destruction ; une succession rapide d’êtres qui s’entre-suivent, se poussent et disparaissent : une symétrie passagère ; un ordre momentané. Je vous reprochais tout à l’heure d’estimer la perfection des choses par votre capacité ; et je pourrais vous accuser ici d’en mesurer la durée sur celle de vos jours. Vous jugez de l’existence successive du monde, comme la mouche éphémère de la vôtre. Le monde est éternel pour vous, comme vous êtes éternel pour l’être qui ne vit qu’un instant : encore l’insecte est-il plus raisonnable que vous. Quelle suite prodigieuse de générations d’éphémères atteste votre éternité ? quelle tradition immense ? Cependant nous passerons tous, sans qu’on puisse assigner ni l’étendue réelle que nous occupions, ni le temps précis que nous aurons duré. Le temps, la matière et l’espace ne sont peut-être qu’un point."

Cet aveugle ne pouvait croire en un Dieu qui découlait directement selon lui de l'émerveillement de l'homme face à la nature que lui ne pouvait voir. C'est ici tout l'intérêt d'imaginer ce que peut vivre un aveugle. C'est une manière de nous remettre en question.

La perception de l'aveugle est une clé dans la quête de la vérité, car nous ne pouvons comprendre le monde en nous contentant de notre simple expérience d'humain. L'aveugle, a développé un mode de fonctionnement différent qui n'en est pas moins efficace sur certains points. Il a même surement tendance à avoir une réflexion plus poussée que la plupart des voyants trop confortés dans le confort de la vue, Montaigne ne disait-il pas: "Il est impossible de faire concevoir à un homme aveugle qu'il ne voit pas." L'incertitude sur notre vision voilà qui devrait guider nos journée. En procédant ainsi, nous serions à coup sûr sur la voie de la vérité. Bien que celle ci nous ne l'atteindrons surement jamais, en nous questionnant sur les différentes perceptions du monde dont la notre et celle de l'aveugle font partie, nous en serions à coup sûr de plus en plus proche.

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lundi 1 novembre 2010

Giorgio De Chirico: "L'enigme de l'heure"

Il est trois heure moins cinq et le soleil se couche déjà. La solitude face au monde envahit mes pensées. La terre aride remplit mes narines de désespoir. Il y a bien des gens, mais nous ne nous voyons pas. J'observe avec attention l'édifice à l'horloge, il rappelle avec tristesse l'ère humaine, les temps où nous vivions pleins d'espoir face à l'avenir prometteur qui se dessinait. Tous nous étions aveuglés par le progrès, nous nous disions que tout ne deviendrait que meilleur, que l'on ne pourrait plus jamais s'ennuyer avec toutes ces avancées. En quelques années la lumière fut, puis vint le temps où la distance qui nous séparait des autres rapetissait, à tel point que bientôt nous n'eûmes même plus besoin de marcher. La magie opérait à notre place. Je me rappelle ma mère fascinée par l'arrivée de mon père dans notre première automobile, elle sautillait presque d'excitation. Mon père nous emmena faire un tour, je découvrais alors la sensation du vent dans les cheveux et de la lumière qui pénètre la rétine à chaque arbre qui passe. Nous avions acquis la vitesse à tout jamais. Mais cette lumière, cette lumière crépusculaire qui fait couler cette larme le long de ma joue, n'était-elle pas la même qu'il y a 50 ans lorsque nous roulions à toute allure ? Sombre existence, j'ai connu le plaisir et le confort, puis l'ennui, la guerre et la mort. L'heure n'est plus à l'avenir mais au passé, elle ne fait que rappeler l'ultime illusion qui nous porta le coup fatal. Car aujourd'hui l'homme a consumé le monde, et le monde aujourd'hui consume l'homme tel cette terre aride sous ce soleil de plomb. Il n'y a plus d'espoir c'est la fin, nous sommes les derniers, nous ne pouvons que nous souvenir. Tous nous étions aveugles, le confort nous bandait les yeux face à l'autre, face à l'enfant qui vivait dans la boue, face aux parents qui avaient perdu leur toit, face aux cadavres qui souillaient les côtes. C'est le confort qui nous murmurait à l'oreille: "nous ne sommes pas responsables, tout ceci nous dépasse, tout ceci passera. De toute façon tout finit toujours par passer." Mais vint un jour où l'illusion ne fonctionna plus, car l'illusion disparut. Le monde, nous l'avions sucé jusqu'à la moelle, et aujourd'hui nous marchons sur ses os. Aujourd'hui nous sommes ces enfants dans la boue et ces parents sans toit, nous sommes cet autre auparavant ignoré et bientôt nous serons ces cadavres qui ne souilleront alors plus rien car il n'y aura alors plus rien a souiller. Et, la seule chose qu'il restera, c'est cette lumière, cette lumière qui jadis frappait ma rétine, qui aujourd'hui frappe cette terre et qui demain liquéfiera nos chairs.

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lundi 25 octobre 2010

Etude du texte de guibert: "L'IMAGE FANTOME".

Comment devons nous photographier ? Voilà ce à quoi le texte de Guibert m'amène. Ou plutôt serait-il plus juste de dire: Que voulons nous montrer dans une photographie ? Voulons-nous montrer la réalité ou une réalité fantasmée ? Quand Guibert photographie sa mère, il montre une certaine réalité d'une mère de 45 ans qui aime son fils et est soumise à son mari. Il explique: "j'arrêtais momentanément le temps, et le vieillissement, je retournais en arrière dans mon amour pour ma mère." Son but est d'immortaliser quelque chose, un instant, une mère souriante et bienveillante envers son fils, afin de s'en souvenir et de briser un peu les dégâts du temps. Mais cette démarche ne peut-elle pas être contradictoire ? Face à cette peur du vieillissement et de cette mort qui approche, peut-être pourrait-on agir différemment par le biais de la photographie. Peut-être pourrions nous montrer cette réalité afin d'en quelque sorte l'exorciser, l'accepter... Pourquoi ne pas montrer réellement l'appréhension de sa mère pour les années à venir ? Pourquoi ne pas la photographier lorsque elle est face à son mari ? Pourquoi chercher à ne la montrer que pour ce qu'il y a d'aimable chez elle ? L'acceptation de la réalité pour la transformer en force, surement ce qu'il y a de plus important à mes yeux. Qu'y-a-t-il de plus beau que d'avoir peur de la mort ? N'est-ce pas là l'essence même de tout ce que nous sommes nous autres humains ? Imaginons que l'on nous enlève notre part d'éphémère dans ce monde, je ne pense pas qu'avec une mère de 45 ans à l'infini nous serions plus heureux, bien au contraire. Notre bonheur est basé suivant un principe de comparaison, nous jugeons que nous sommes heureux si notre situation est meilleure qu'auparavant. Le bonheur n'est jamais constant et va de paire avec le malheur, c'est un cycle. L'homme a besoin d'émerveillement, et l'émerveillement passe nécessairement par une prise de conscience de l'éphémère. Par exemple si nous nous extasions facilement devant un couché de soleil c'est parce que la lumière qu'il produit ne dure pas et est en constante évolution. C'est pourquoi je pense qu'il est aussi important de montrer la photo de la réalité, que des réalités fantasmées car l'une découle de l'autre. Aucune ne peut fonctionner indépendamment. En effet c'est en prenant conscience que sa mère mourrait un jour que Guibert a apprécié l'idée de cet instantané, et ce n'est certainement pas en prenant cette photo qu'il la sauvera.

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samedi 23 octobre 2010

"le corps utopique","la ballade des pendus" et la cathédrale de Bayonne

J'entre dans l'immense monument. Toutes ces pierres empilées, agencées de manière si précise me fascinent aussitôt, C'est titanesque, tout dans cette cathédrale a une signification et joue un rôle. Je m'avance dans l'allée principale, face à l'autel, admirant clés de voutes et arcs brisés avec insistance. Je m'imprègne de l'ambiance du lieu qui me calme, me rend serein. On se sent clairement en paix face à un tel ouvrage. Mais pourquoi ? Voilà la question, comment en sont-ils venu à construire une telle chose ? Tout en me baladant je réfléchissais et pensais à ma foi aujourd'hui disparue, je me demandais pourquoi en grandissant l'existence de ce dieu n'avait plus de sens pour moi. Je comprenais que tout ceci c'était envolé avec ma prise de conscience du monde sensible et l'éducation scientifique de mon père ingénieur passionné de physique. Car c'est lui qui pourtant chrétien catholique a déclenché en moi le désir de vérité sur l'existence du monde et de vie après la mort. Après diverses réflexions j'étais arrivé à la conclusion que la non existence d'un dieu créateur n'était absolument pas démontrable, et que l'existence du dieu chrétien ne l'était pas plus, comme celle de tout autre dieu précis. Ayant un petit côté Saint Thomas il m'est donc impossible de croire en aucune religion pré-construite. Le "je ne crois que ce que je vois" est véridique pour moi et va de paire avec le concept d'âme. Descartes disait: "je pense donc je suis" et c'est un peu ce qui correspondrait à ma vision de l'âme, ou d'un certain corps utopique. Pour moi je ne suis que pensées produites par une machine biochimique incroyable, et je disparaitrai à la seconde même où la machine s'arrêtera. Rendant ainsi au monde l'énergie et la matière empruntées durant ma brève vie, afin que peut-être d'autres puissent apparaître. Voilà ma vérité. Et c'est grâce à cette vérité que j'admire ces bâtisseurs de cathédrales, car eux aussi avaient trouvé un sens, une réponse à la plupart de leurs questions dans la religion. Les cathédrales et églises en sont le plus beau témoignage. Il n'y a en effet rien de plus beau et de plus vrai que le cheminement d'un homme dans sa quête qu'est la vie, qui parfois amène à de pures merveilles.

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jeudi 14 octobre 2010

travail vidéo atelier Dezoteux. Titre: michel et claude

Voici la vidéo absurde qu'Etienne kawczak-wirz et moi même avons réalisé. Précisons que les personnages présentés dans ce court-métrage ne sont en aucun le reflet des personnes intègres que nous somme Etienne et moi. Merci de votre compréhension et bon visionnage.

mardi 12 octobre 2010

Travail collages M. Berthommé

J'ai remarqué en essayant divers associations de collages que allier sexe et alimentaire marchait assez bien. Or en y repensant c'est ce qui se fait aujourd'hui très souvent en publicité. C'est pourquoi j'ai choisi ce triptyque de collages afin de dénoncer le côté parfois pornographique qu'emploie la publicité pour séduire. Par exemple dans les pubs à la télévision, notamment dans les pubs alimentaires, il n'est pas rare de voir des femmes déguster le produit de manière très sexuelle, voir orgasmique. Mon but était donc de pointer le doigt dessus. Pour se faire je n'ai pas camouflé le côté vulgaire et cru contrairement à la publicité. Je l'ais fait de la manière la plus "trash" possible. C'est à dire en associant image pornographique et produit dans un collage "sale", volontairement mal fait.

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lundi 11 octobre 2010

"Mon corps c'est le lieu sans recours auquel je suis condamné"

Qui suis-je? Quelle est cette voix qui parle et que j'identifie à moi même. D'où sort-elle ? Ce son que j'entends dans ma tête, existe-t-il réellement ? Il m'est pourtant si familier... C'est moi, je côtoie cette voix depuis toujours. Elle est l'image de ce que je suis selon moi. Moi, moi, moi... Je suis cette pensée, qui ne s'arrête jamais, dans cette tête, dans ce corps. Et oui je suis prisonnier de mon propre corps, lui qui est si disgracieux, lui que je détesterai toujours. Il est réel, c'est inéluctable. Il bouge, on peut le toucher, le voir, le sentir. Quand on me voit, c'est lui que l'on voit d'abord. Quand je me regarde c'est lui que je vois. Il m'est impossible de me dissocier de ce corps, car il est moi. En revanche ma pensée, elle, personne ne l'entend. Et pourtant c'est pour moi le plus juste reflet de ce que je suis. Quelle injustice que de n'être condamné à errer dans un corps qui ne nous ressemble pas. Comment sortir ? Comment se révéler au grand jour ? La solution personne ne l'a encore trouvé, du moins pas de son vivant. Peut-être que dans un autre monde les gens se voient tous à la hauteur de l'image qu'ils ont d'eux même... Ce corps si laid...

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Guy

Petit personnage sortit de ma tête aujourd'hui et dessiné à la palette graphique. 66345_1667214359126_1200319258_31798514_3287030_n.jpg

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